Moins de tiques grâce aux fourmis

Zollikofen, 17 avril 2018

 

Les tiques sont répandues dans presque toute la Suisse. Leur distribution dépend de très nombreux facteurs. Dans une nouvelle étude, des scientifiques de la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires HAFL – un département de la HES bernoise – ont pu démontrer que la présence de fourmis des bois réduit nettement la densité locale des tiques.

 

Avec le réchauffement printanier, voilà que réapparaissent les tiques, ces indésirables passagers clandestins de nos balades en forêt. Perchées sur un brin d’herbe ou un buisson, elles guettent l’hôte sur lequel elles pourront se fixer. Ces acariens parasitent en priorité les petits rongeurs, les hérissons et les oiseaux, mais s’en prennent également aux humains. Or leurs morsures ne sont pas sans risques. En effet, les tiques peuvent transmettre des maladies graves, telles la méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE) ou la borréliose de Lyme. En 2017, sur les 23 000 personnes qui se sont rendues chez le médecin suite à une morsure de tique, 257 ont été infectées par la MEVE. En outre, l’Office fédéral de la santé publique estime que, la même année, il y a eu quelque 8000 cas de borréliose.

 

Étude sur le terrain, en forêt

Autant de raisons qui poussent à chercher des moyens d’endiguer à long terme la propagation des tiques. Jusqu’à présent, on a surtout étudié l’effet des moisissures et des nématodes. À la HAFL, des scientifiques ont décidé d’aborder la question sous un angle différent et se sont intéressés aux interactions entre tiques et fourmis des bois. « Avec notre étude, nous voulions tester si la présence de fourmis rousses de l’espèce Formica polyctena influençait la distribution des tiques dans nos forêts », explique Silvia Zingg, responsable du projet. Pour ce faire, l’équipe de recherche a examiné la densité de tiques et de fourmis sur 130 placettes, situées dans des forêts du nord-ouest de la Suisse. La moitié des placettes se trouvaient à proximité d’une fourmilière, l’autre non. Pour compter les tiques, les scientifiques ont promené un drap blanc à la surface du sol et de la végétation. En outre, ils ont mesuré d’autres variables, qui décrivent la litière, la végétation ou le microclimat et influencent aussi l’abondance des tiques.

 

Une influence certaine, mais encore inexpliquée

Les résultats indiquent que l’abondance des tiques diminue lorsque la végétation est dense, alors qu’elle est favorisée par une litière épaisse. Mais surtout, les chercheurs ont pu démontrer que la présence de fourmis des bois réduit nettement la densité locale des acariens. La taille des nids semble être un facteur particulièrement important : lorsque le volume de la fourmilière passe de 0,1 m3 à 0,5 m3, le nombre de tiques aux alentours diminue de deux tiers. « Il faut encore poursuivre les recherches afin de mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent ces corrélations », conclut Silvia Zingg. Au nombre des hypothèses à vérifier il y a l’effet répulsif de l’acide formique présent autour des fourmilières ou le comportement prédateur des fourmis rousses. Quoi qu’il en soit, cette étude documente un nouveau service écosystémique à mettre au compte des petites ouvrières des forêts.

Contact pour les médias

Silvia Zingg

silvia.zingg(at)bfh(dot)ch

Tél. + 41 (0)31 910 21 32

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Communiqué de presse (pdf)

Publication dans «Parasites & Vectors» (pdf)

 

Fourmilière (jpg)

Collecter des tiques (jpg)

Photos: © BFH-HAFL

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